Eau et Agriculture biologique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Ci-dessous un rapide tour d'horizon sur le thème de l'eau et de son utlilisation en agriculture par Bernard Péré, administrateur du résesau Bio d'Aquitaine et membre du Conseil Economique et Social Régional 350px-irrigation1

Politique régionale de l'eau

Il fut un temps ou les rogations, fameuse procession à travers champs, que certain d'entre nous on bien connu, servait d'assurance de bonne récolte. Mais aujourd'hui l'agriculteur a largement  remplacé les rogations par  l'irrigation , au point de faire parfois une utilisation de l'eau pas très catholique.
L'eau question essentielle s'il en est. Aucune collectivité ne peut se désintéresser de sa gestion quantitative et qualitative. Saluons donc la volonté  du Conseil régional qui sans en avoir explicitement la compétence  met en oeuvre un ensemble de mesures.
Je partage le contenu de l'avis, mais je souhaite apporter quelques précisions  sur les souhaits qu'émet la commission dans le domaine agricole en particulier.

Sur l'aspect quantitatif: le stockage en petites réserves est certes préférable aux grandes retenues, ce point là semble faire consensus à la nuance prés qu'il faut préciser ce que l'on entend par « petites » Je ferai remarquer à l'assemblée que les petites retenues sont déjà une réalité dans une partie notable de l'Aquitaine. Ce qui ne règle pas pour autant le problème. La question qu'il faut enfin poser: des retenues pour arroser quoi? Le maïs n'est pas la  culture qu'il faut privilégier partout comme c'est le cas aujourd'hui. C'est une plante qui fait l'essentiel de sa croissance quand l'eau manque le plus, qui est gourmande en eau, et ce d'autant plus que la sélection variétale n'a fait qu'accentuer ce penchant. Les primes à l'ha européennes ont été majoré pour les surfaces irriguées et cela profite essentiellement aux surfaces de maïs, d'où la multiplication des surfaces.. Il existe d'autres céréales moins exigeantes et capables de satisfaire les besoins traditionnels et nouveaux.
L'eau stockée, à plus forte raison si elle est subventionnée doit servir prioritairement des productions vivrières telles que légumes, fruits, semences.

D'autre part il faut concevoir l'irrigation comme ultime moyen d'assurer une bonne productivité et au préalable mettre en oeuvre ce que nous appelons dans notre avis des techniques culturales permettant d'améliorer les performances hydriques des sols: c'est à dire: sélection variétale, (sans OGM), rotation des cultures,(certaines parcelles depuis 30 ans n'ont jamais supporté que du maïs) enrichissement en matières organiques des sols(base de l'AB, Il y aurait beaucoup à dire sur le recyclage généralisé des déchets organiques), respect de la structures des sols par des technique de travail adaptées.
Voilà quelques pistes sur lesquelles il faut résolument s 'engager si l'on veut maîtriser la dépense en eau dans la sphère agricole.

Sur l'aspect qualitatif: c'est l'objectif de la réduction drastique des pesticides qu'il faut atteindre, et pas seulement en agriculture.
L'AB est la référence, bien sur, et l'idée de la généraliser rapidement sur les zones de captage des eaux de consommation est tout à fait pertinente. Sachez que la ville de Munich a mis en oeuvre cette mesure il y a de cela 20 ans en subventionnant généreusement la conversion des agriculteurs de la zone concernée. Aujourd'hui son coût de traitement de l'eau est à moins de 1 ct d'euro, alors que la dénitrification d'une eau à 50 mg coûte 278 ct d'euro. Qui a dit que la production bio coûtait cher ?
Dernier point qui me paraît essentiel: la formation, les formations. Mettre en oeuvre des politiques incitatives en direction des professionnels est essentielle, mais n'oublions pas les professionnels de demain. Les évolutions à opérer sont si profondes que la réforme des formations est un volet incontournable.
Bernard Péré        CESR  -  Confédération paysanne- 

 Intervention en séance plénière du 19 juin 2008 sur la politique régionale de l'eau

 
< Précédent
© 2012 Bio d'Aquitaine
Joomla! est un logiciel libre distribué sous licence GNU/GPL.
Communauté européenne  Région Aquitaine  Ministère de l'agriculture et de la pêche

Ahalia
Produits bio
Cliquez ici